Vie parlementaire / RSA : les salariés paieront !
Par Chantal Robin-Rodrigo, députée PRG des Hautes-Pyrénées
L’Assemblée Nationale vient d’adopter à 306 voix le projet de loi instaurant le Revenu de Solidarité Active (RSA). J’ai voté contre. Pourquoi ? Le RSA est en soi un très bon outil permettant d’accroître l’effort en faveur de ceux qui reprennent un emploi, car nous savons tous que le travail est un élément majeur de reconnaissance et de bien-être dans notre société. Il constitue un progrès notable dans la lutte contre la pauvreté, qui reste une réalité dans notre pays puisque 7 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, dont la moitié dispose même de moins de 669 euros par mois pour vivre. Le Haut Commissaire aux Solidarités Actives, Martin Hirsch, a indiqué que son ambition était de faire diminuer la pauvreté de 30 % à l’horizon 2012. Fort bien ! Qui peut être en désaccord avec cet objectif ? Mais là où la bas blesse c’est sur le financement. Qui va payer ?
Certainement pas les plus riches protégés par le bouclier fiscal puisque ces derniers pourront se soustraire à tout effort de solidarité nationale. Comment nos concitoyens pourraient-ils comprendre que, lorsqu’il est fait appel à la solidarité nationale, les plus fortunés en soient exonérés ? Comment pourraient-ils accepter que les bénéficiaires des parachutes dorés, les spéculateurs financiers et ceux qui vivent de confortables rentes soient épargnés par la taxe créée par le Gouvernement quand tous les autres Français seront appelés à la générosité ? Comment ne pas être choquée par le fait que ce sont les salariés, les retraités, et les classes moyennes qui vont devoir mettre la main à la poche pour financer le RSA alors que la crise financière dans laquelle plonge notre pays leur annonce des lendemains douloureux avec la hausse du chômage, les licenciements, l’inflation galopante. Face à la gravité de la situation financière et économique, la majorité UMP n’a pas renoncé, au bouclier fiscal qui exempte les plus riches de l’effort demandé. Non, décidemment, on ne peut que sanctionner cette conception de la politique. C’est la raison pour laquelle, j’ai voté contre, à regrets. C’est une question de principe, une exigence d’équité et un devoir de justice sociale et je suis sûre que la majorité des haut-pyrénéens me rejoindront.Tribune libre.