Vie parlementaire / Chantal Robin-Rodrigo intervient sur Grenelle 1
Par Chantal Robin-Rodrigo, députée PRG des Hautes-Pyrénées
La loi Grenelle I devait être une loi de programmation associant des objectifs précis et des moyens financiers. Chantal Robin-Rodrigo, à la tribune de l’Assemblée nationale, a rappelé que dans les faits, ce n'est qu'une loi d'orientation affichant de grands principes et quelques ambitions, sans jamais préciser les moyens réservés pour les réaliser. «Mon sentiment actuel associe inquiétude et déception. Ces inquiétudes résultent du manque de cohérence dans les décisions gouvernementales. Ma déception est due au manque d'ambition du Gouvernement, mais aussi au manque de moyens financiers notamment pour le financement du logement et sur les mesures destinées, en ce domaine, à réduire la consommation d’énergie». Le chantier est immense. Une réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2020 suppose la mise aux normes de 30 millions de logements en France. Or, depuis six ans, l’État se désengage de plus en plus du logement social et les fonds propres de ces organismes sont déjà mis à rude épreuve d’autant que les réserves du Livret A vont être ponctionnées pour sauver le secteur financier alors qu’elles étaient prévues pour le logement social. La députée radicale de gauche, considère également que les aides prévues à la mise aux normes des logements privés sont nettement insuffisantes et donc non attrayantes pour les petits propriétaires bien que l'octroi de prêts bonifiés à 1,9 % pour les travaux d'énergie constitue un geste non négligeable.
Autre aspect négligé par la loi Grenelle I : la formation professionnelle des artisans du bâtiment destinés à devenir les professionnels des économies d’énergie en termes de construction basse énergie, de qualité environnementale du bâti : végétalisation, acoustique, récupération des eaux pluviales, matériaux sains... «Je suis persuadée que le développement durable est la principale source de création d'emplois et de richesses de demain, que l'écologie représente une grande part de l'avenir de l'économie si malmenée par la crise financière», devait-elle conclure.Tribune libre.