Vie parlementaire / Face à la crise financière, la vigilance des socialistes
Par Jean Glavany, député PS des Hautes-Pyrénées
Le gouvernement a proposé mardi au Parlement un texte validant le plan européen pour sortir de la crise financière en accordant une garantie massive aux crédits interbancaires notamment. Avec les députés socialistes, je me suis abstenu sur ce texte. Pourquoi ? D'abord parce que le sens des responsabilités nous a amené à ne pas faire obstacle à la mise en oeuvre de ce plan nécessaire à la sortie de crise financière. Nous ne pouvions donc pas voter contre. Mais nous ne pouvions pas l'approuver non plus car ce plan, purement financier, s'il était nécessaire, étaient notoirement insuffisant. Il y manque d'abord les leçons à tirer de la crise : il faut des règles, des régulations, des contrôles, des interventions publiques dans les marchés financiers. Sinon les mêmes causes reproduiront les mêmes effets. Il serait irresponsable de sortir de cette crise sans tirer ces leçons. Il y manque ensuite un plan d'ensemble ambitieux et volontariste pour traiter la crise de l'économie réelle dans laquelle s'enfonce la France : notre économie est en récession, le chômage repart dramatiquement à la hausse, le pouvoir d'achat est en berne, la misère frappe de plus en plus les français, les services publics sont victimes de coups mortels, les déficits publics s'approfondissent d'une manière vertigineuse... Et s'il trouve des milliards, des centaines de milliards pour renflouer des banques, le gouvernement ne propose rien pour le pouvoir d'achat, rien pour le chômage, rien pour les plus défavorisés. Si nous ne pouvions nous opposer, par sens des responsabilités, au plan de sortie de crise financière, nous ne pouvions approuver et encore moins donner un blanc-seing à la politique économique et sociale du gouvernement. Le débat sur le budget 2009 sera pour nous l'occasion d'exercer note vigilance exigeante à l'égard d'un gouvernement aveugle face à la crise économique et sociale et sourd aux revendications pourtant légitime des plus défavorisés.Tribune libre.
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